Transport et vie publique
Je suis d’accord : les défaillances du transport en commun à Ottawa ne sont pas imputables à un seul maire
Traduction française de l’article original publié en anglais. Lire le texte anglais.
Ce n’est que récemment que j’ai pris connaissance de la réponse de Walter Robinson, publiée le 10 juin, à ma chronique intitulée « L’échec du transport en commun à Ottawa n’était pas un accident ». Aussi surprenant que cela puisse paraître, je partage l’idée centrale de son titre : les difficultés du transport en commun à Ottawa ne peuvent être imputées à un seul ancien maire.
C’était, en fait, précisément mon propos.
Ma chronique ne soutenait pas que l’ancien maire Larry O’Brien était responsable des problèmes actuels du train léger à Ottawa. L’annulation du projet de train léger nord-sud a été une décision lourde de conséquences dans une histoire qui s’étend sur les mandats de plusieurs maires, conseils municipaux et administrations, et qui englobe de multiples processus d’approvisionnement et choix d’ingénierie.
Robinson, qui a été chef de cabinet d’O’Brien, apporte un éclairage utile de première main sur l’élection de 2006 et le vote du conseil municipal, à 13 voix contre 11, pour annuler ce projet. On peut légitimement débattre de la question de savoir si cette annulation était, en définitive, la bonne décision, et des personnes raisonnables peuvent être en désaccord.
Là où je diverge d’opinion, c’est lorsqu’on laisse entendre qu’examiner cette décision revient à blâmer O’Brien pour ce qui a suivi.
L’argument central de ma chronique était tout le contraire : les responsabilités se sont tellement dispersées au fil des années et des décisions qu’il est devenu de plus en plus difficile de savoir clairement qui devait rendre des comptes. Aucun maire, conseiller municipal, fonctionnaire, entrepreneur ou gouvernement ne peut raisonnablement porter à lui seul la responsabilité de l’ensemble du résultat.
D’ailleurs, Robinson et moi semblons nous entendre sur l’enjeu de fond. Il écrit que le train léger d’Ottawa a souffert d’« années de décisions politiques et bureaucratiques sans reddition de comptes adéquate ». C’est précisément cela.
Après des milliards de dollars d’investissements publics, les résidents d’Ottawa devraient pouvoir évaluer le réseau sans avoir d’abord à choisir un camp politique à défendre. Les critères pertinents sont beaucoup plus simples : la fiabilité, les temps de trajet, l’accessibilité, l’achalandage et le rapport qualité-prix.
Les responsabilités sont largement partagées. La leçon à tirer ne devrait pas être de chercher une seule personne à blâmer. Elle devrait être de bâtir un système de gouvernance dans lequel il ne sera plus jamais aussi difficile de savoir qui est responsable des décisions et des résultats.
Publié dans The Hill Times · 20 août 2026
Voir la publication originale en anglais (s’ouvre dans un nouvel onglet)